Barbier par Vincent Molloy


J'ai découvert Barbier avec "les paysages de la nuit", j'ai vraiment apprécié la peinture c'est cela qui m'a marqué, l'étalement de cette peinture dans un même registre de couleurs mêlées de sombre, et puis Barbier ne laisse pas de côté le texte, un texte cynique parfois, un texte décalé. Quant au récit, je l'accepte comme un conte, je m'aperçois que le conte qui fait intervenir le Loup garou est un conte toujours actuel, son travail fut encore plus précis quand il publia "les lettres au Maire", où la sexualité, le citoyen qui surveille fut mis au premier plan, toujours dans l'ordre du fantasme, de l'anormalité. Je ne débrouille pas facilement l'oeuvre de Barbier. Mais je vois très bien qu'il n'y a jamais un sens précis, je le vois moi comme un conflit entre nature et société, individu et politique, liberté et morale. On s'aperçoit qu'il a lu Burroughs.
J'ai un faible pour les Lettres au maire et les Paysages de la Nuit. Il se dit coloriste et s'est tout à fait convaincant. Peindre la sexualité n'est pas un exercice facile, en BD. J'ai rarement été convaincu, et quand il y a du cul il n'y a pas forcément d'idée qui relie les cases, avec les lettres ou les paysages, un fil conducteur communique avec toutes les cases. J'ai été moins ravi par ses peintures que j'ai vu l'été dernier (simplement des corps qui s'exécutent sexuellement), simplement parce qu'il n'y avait plus de mot pour ciseler le dessin, pour l'augmenter en sens et interprétation aussi. Barbier n'est pas simplement visuel. Déjà parce que le fantasme, la sexualité ne s'exprime pas seulement par des images mais par un autre langage, celui des mots, crus parfois.
Si vous voulez en savoir plus sur Barbier allez voir le superbe site de Vincent : Alex Barbier (site non officiel).